Comment aborder les eaux surpêchées ?
Comment aborder les eaux surpêchées ?
Il y a de plus en plus de pêcheurs de carpes en France, et en Europe en général. Et la plupart de ces pêcheurs recherchent avant tout les spécimens. C’est un fait et on ne peut aller contre ça. Néanmoins, si le poids moyen global des carpes tend à augmenter, toutes les eaux ne sont pas logées à la même enseigne. Et toutes n’accueillent pas des poissons trophées. De fait, de nombreux pêcheurs se tournent vers les mêmes eaux. Où nagent de grandes carpes. Aussi, ces eaux sont de plus en plus soumises à une pression de pêche croissante. Avec des poissons qui finissent par se méfier considérablement des appâts des pêcheurs. Si ceci ne date pas d’hier, en témoigne la fréquentation sur certains lieux, il y a déjà plusieurs dizaines d’années, on peut affirmer qu’il y a de plus en plus d’eaux surpêchées. Et, de fait, de poissons qui le sont aussi! Voyons comment tenter de sortir notre épingle du jeu!
Avoir du temps devant soi
S’il est évident qu’on peut toujours arriver sur une eau et obtenir de gros résultats dès la première nuit, la réalité est souvent bien différente. La plupart du temps, les eaux surpêchées sont complexes de prime abord. Elles nécessitent de l’adaptation et de la compréhension pour réussir à en tirer les ficelles. Et pour cela, il faut passer du temps sur ces berges de cette eau. Il n’y a pas de secret.
Dans un précédent article concernant les spots à carpe, j’évoquais la nécessité de prendre du temps pour observer, sonder, tenter de voir les manifestations de poissons, … Tout ceci prend du temps, c’est une évidence. Et plus vous passerez des heures à décrypter la topographie, les substrats, …, en combinant ceci avec les manifestations de carpes, plus vous pourrez tenter d’identifier des tendances. Il est évident que certains spots très marqués pourraient vous tenter. Toutefois, sur des eaux surpêchées, ils ne sont peut-être pas aussi bons que prévu. Voir même complètement désertés par les poissons. Mais ça, vous ne le saurez qu’en pêchant plusieurs jours et nuits, en attente de touches !
Comment procèdent la majorité des carpistes ?
J’aime me promener sur les berges des eaux assez fréquentées que je connais. Mais sans forcément pêcher. Simplement pour voir où s’installent les pêcheurs. Comment ils procèdent. Où ils lancent leurs montages. Comment et avec quoi ils amorcent, … L’idée derrière ça pourrait s’apparenter à du “crabing” aux yeux de certains. Pourtant, c’est exactement l’inverse qui m’anime. S’il peut arriver que certains pêcheurs cherchent à faire différemment, force est de constater que la majorité des carpistes procèdent de la même façon sur une même eau. Evidemment, cela varie d’un lieu à un autre, mais sur un même lieu, on repère vite les grandes tendances.
Que ce soit du bord ou en bateau, la majorité des pêcheurs pratique une pêche au spot. C’est celle qui dans l’inconscient collectif permet d’obtenir le maximum de résultats en un minimum de temps. Sur le papier ce n’est pas complètement faux. Mais, sur des eaux surpêchées, les poissons ont appris à se méfier de ces petits spots avec une légère quantité d’amorçage autour de l’esche.
Prendre le contre pied parfait !
Dis comme ça, c’est une évidence de procéder d’une façon diamétralement opposée. Pourtant peu le font réellement et se contente par exemple d’agrandir légèrement le spot ou de décentrer le montage légèrement par rapport à l’amorçage. En réalité, il est possible, et très certainement plus rentable, de capturer davantage de poissons en cherchant plutôt à les mettre en confiance. Un amorçage de zone fait donc sens sur ces eaux.
Mais pour revenir au premier paragraphe il faudra forcément avoir un peu plus de temps devant soi pour en tirer les bénéfices. Il est également possible de fonctionner en single hook bait. Si ce n’est peut-être pas la meilleure approche pour enchaîner les touches, elle s’avère redoutable quand on a localisé les poissons, sur des sauts ou d’autres types de manifestations. Présenter quelque chose de très visuel sur des poissons repérés peut suffire à déclencher une touche. Et ça, peu de carpistes le pratiquent réellement. Il y a fort à parier que les poissons seront parfois bien moins méfiants..
Miser sur des spots peu fréquentés sur des eaux surpêchées
Dans la même idée que le fait de pratiquer une approche différente, miser sur des spots peu fréquentés sur des eaux surpêchées est à coup sûr une bonne idée. Si on cherchera souvent un haut fond, une cassure, ou quoi que ce soit qui change de la monotonie, garder en tête que vous n’êtes certainement pas le premier à procéder de la sorte.
Les grandes zones planes peuvent parfois concentrer les poissons. Pour peu qu’elles abritent de la nourriture naturelle, il y a de fortes chances que les carpes s’y nourrissent. Si vous avez la possibilité, et que la réglementation vous l’autorise, n’hésitez pas à descendre une caméra subaquatique sur ce genre de zone. Vous pourriez être surpris d’y voir de multiples grouinages et même parfois de la nourriture naturelle telle que des dreissenes ou des corbicules.
Sur les grandes étendues d’eau, les pêcheurs de carpes ont tendance à aller chercher les poissons toujours trop loin. J’ai déjà évoqué ce sujet à multiples reprises mais les bordures, qui plus est si elles sont boisées, mérite d’être prospectées. Il y a toujours des choses qui tombent des arbres peuvent nourrir les carpes point. Sans compter les branches tombées au fil du temps qui offrent des caches appréciées par les cyprins.
En termes d’appâts, de la nourriture ou des leurres sur les eaux surpêchées ?
J’évoquais précédemment le fait de pêcher en single hook bait avec un appât très visuel dans l’optique de leurrer un poisson. Cela fonctionne à mes yeux sur cette approche très minimaliste. Néanmoins, sur des approches plus conventionnelles comme la pêche au spot, les carpes ont appris à se méfier d’un appât décollé par exemple. C’est d’ailleurs ce qui a entraîné l’avènement des fameux appâts équilibrés, aussi nommés wafters. Leur objectif était de proposer une esche ressemblant à l’amorçage. Mais avec des propriétés mécaniques différentes. L’idée était d’avoir quelque chose d’alléger pour favoriser l’aspiration de cet appât par les carpes.
Je n’ai pas une expérience démesurée sur les eaux surpêchées, mais il est clair que mes résultats ont été bien meilleurs en proposant une mèche identique en tout point à celle de l’amorçage qu’en cherchant à me différencier, dans l’hypothèse que les carpes engameraient plus vite mon esche vis-à-vis des appâts composant l’amorçage. Proposer quelque chose de commun tel qu’une bille dense ou bien une graine, le tout lancé ou déposé au milieu d’autres appâts identiques, devrait vous permettre de minimiser la méfiance des carpes. Ce n’est pas une vérité absolue. Mais c’est déjà une bonne piste à creuser pour les pêcheurs qui veulent se lancer sur des eaux surpêchées.
J’en parle souvent dans ce blog et ce sujet n’échappe pas à la règle. Pour choisir ses spots à carpe, l’adaptation restera la clé de la réussite. J’espère néanmoins que ces conseils pourront vous aider un tant soit peu. Si vous aussi vous souhaitez échanger avec nous ou avez besoin de conseils pour aborder les eaux surpêchées, n’hésitez pas à venir en discuter avec les membres de l’équipe Prowess sur notre page Facebook ou en commentaires dans les vidéos de notre chaîne Youtube !
A bientôt,
Alban Meunier










